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Hypnose ou EMDR : deux approches, deux usages

Publié le par l’équipe pédagogique du réseau Harmonika

Séance de stimulation bilatérale pendant une formation EMDR

Quelle est la différence entre l’hypnose et l’EMDR ?

L’hypnose modifie l’état de conscience par la parole ; l’EMDR mobilise un mécanisme physiologique par la stimulation bilatérale. Le point d’entrée n’est pas le même, et le champ d’intervention non plus.

En hypnose ericksonienne, le praticien accompagne la personne vers un état de conscience modifié — proche de ce moment où l’on conduit sans se souvenir des derniers kilomètres. Dans cet état, il propose des images, des métaphores, des suggestions que la personne accueille à sa manière. Rien n’est imposé : c’est elle qui fait le chemin, le praticien tient la lampe.

En EMDR, on procède autrement. On identifie un souvenir précis, on l’active volontairement, et on y associe une stimulation alternée gauche-droite. Le protocole est structuré en phases, et chacune a son objectif. L’intention est de permettre au souvenir de se ranger différemment, avec moins de charge.

Dit autrement : l’hypnose ouvre un espace, l’EMDR suit un chemin balisé. Les deux demandent de la finesse relationnelle, mais la marge d’improvisation n’est pas la même.

Pour quelles situations chacune est-elle utilisée ?

L’hypnose couvre un champ large ; l’EMDR se concentre sur les événements marquants. C’est la distinction la plus utile en pratique.

On vient voir un hypnothérapeute pour un sommeil qui se dégrade, une confiance à reconstruire, une préparation à un examen ou à une compétition, un arrêt du tabac, une appréhension tenace. Le motif est souvent formulé en termes de comportement ou de sensation.

On vient voir un praticien EMDR quand un événement continue de peser — un accident, une perte, une période difficile dont le souvenir se rappelle au mauvais moment. Le motif est formulé en termes de mémoire.

Ce qu’on compareHypnose ericksonienneEMDR
L’outil de travailLa parole, la suggestion indirecte, la métaphoreLa stimulation bilatérale : mouvements oculaires, tapotements alternés
Le champ habituelSommeil, stress, confiance, arrêt du tabac, préparation d’un examenLa mémoire d’événements marquants qui continuent de peser
Le rythmeUn accompagnement sur plusieurs séances, souvent 4 à 8Des séances ciblées, avec un protocole en phases identifiées
Durée du cursus172 h en 11 journées, sur 6 mois6 jours en deux niveaux, plus 100 h de pratique supervisée
Prix total3 500 €2 500 €
Villes12 villes12 villes

Dans les deux cas, la limite est la même et elle doit être dite : ces accompagnements ne posent pas de diagnostic, ne traitent pas de maladie et ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique. Quand la situation le demande, on oriente. C’est enseigné dès les premières heures de formation.

Quelle formation dure le plus longtemps ?

L’hypnose, nettement : 172 heures en 11 journées réparties sur six mois, contre six jours pour l’EMDR en deux niveaux.

Cet écart ne mesure pas la difficulté, mais l’étendue. L’hypnose suppose d’apprendre à conduire un entretien, à formuler des suggestions, à construire des métaphores, à gérer des retours imprévus — un répertoire qui se constitue lentement. L’EMDR repose sur un protocole identifié, qu’on apprend en quelques jours et qu’on affine ensuite par la pratique supervisée.

C’est précisément pourquoi les 100 heures de pratique en binôme comptent autant que les six journées en salle, côté EMDR. Un protocole se retient vite ; le tenir face à une personne émue demande de l’expérience.

Sur le marché français, les durées varient. En hypnose, le premier palier utile s’obtient en 8 à 15 jours selon les instituts, pour 1 750 à 2 650 €, avec des parcours complets qui grimpent à 25 jours et 4 095 €. En EMDR, on trouve des formations de 4 à 8 jours, entre 1 520 et 2 500 €.

Qui peut s’inscrire à une formation EMDR ?

Cela dépend du parcours choisi, et c’est le point le plus important à vérifier avant de payer.

Le parcours reconnu par EMDR Europe suppose un diplôme préalable de psychologue, de psychiatre, de médecin ou de psychothérapeute. Les formations dites intégratives s’adressent aux professionnels de santé. D’autres encore, comme la nôtre, forment des praticiens en accompagnement émotionnel dans un cadre éthique défini par la formation — sans prétendre à l’exercice de la psychothérapie.

Ces trois voies ne conduisent pas au même exercice, et il serait malhonnête de les présenter comme équivalentes. Posez la question directement à l’école : qui peut s’inscrire, et qu’est-ce que j’aurai le droit de proposer à l’issue ? Une école sérieuse répond clairement.

Pour l’hypnose, la question ne se pose pas dans les mêmes termes : la formation s’ouvre à tous, avec un stage découverte de deux jours comme première marche.

Peut-on pratiquer les deux ?

C’est même le cas le plus fréquent. La grande majorité des praticiens EMDR ont commencé par l’hypnose, et beaucoup alternent les deux selon ce que la personne apporte.

La raison est simple : les deux approches reposent sur le même socle relationnel. Savoir installer un cadre, accueillir une émotion forte sans se laisser déborder, reformuler sans interpréter — ces compétences ne s’apprennent pas deux fois. Celui qui les possède déjà gagne beaucoup de temps sur le second cursus.

L’ordre habituel va de l’hypnose vers l’EMDR, mais rien ne l’impose. Certains découvrent l’EMDR d’abord, s’y sentent à l’étroit, et élargissent ensuite.

Nos pages détaillent le métier d’hypnothérapeute et la pratique de l’EMDR, avec le comparatif des organismes qui forment en France. Un troisième outil complète souvent le tableau : l’EFT, plus court à apprendre, que le consultant peut réutiliser seul entre deux séances.

Combien coûtent ces deux formations ?

3 500 € pour le cursus d’hypnose, 2 500 € pour celui d’EMDR, stage découverte compris. Ces montants couvrent l’intégralité du parcours, examen inclus.

Le réflexe utile, quand vous comparez deux propositions : demandez le prix total et le nombre de journées en salle. Beaucoup d’instituts vendent par paliers successifs — technicien, praticien, maître-praticien — et le tarif affiché ne concerne que le premier. L’addition finale se découvre en chemin.

Selon votre statut, l’OPCO de votre secteur, France Travail, le FIF-PL ou l’AGEFICE peuvent intervenir. Un paiement échelonné est également possible.

Un dernier point, rarement abordé et pourtant déterminant : la supervision. Ces deux métiers exposent à des récits difficiles, et un praticien qui travaille seul s’use plus vite qu’il ne le croit. Prévoyez dès la première année un temps régulier d’échange avec un pair ou un superviseur — une séance par mois suffit souvent. Ce n’est pas une dépense de confort, c’est ce qui permet de tenir dix ans plutôt que trois, et de continuer à accueillir sans se protéger derrière le protocole.

Comment se déroule une séance, concrètement ?

Une séance d’hypnose dure environ une heure, une séance d’EMDR un peu plus. Dans les deux cas, la première rencontre sert surtout à parler.

En hypnose, le praticien commence par un entretien : ce qui amène la personne, ce qu’elle a déjà tenté, ce qu’elle attend de ces séances. Cette première demi-heure n’est pas un préliminaire, c’est le travail lui-même — elle détermine les images et les formulations qui seront proposées ensuite. Vient alors l’induction : la voix ralentit, l’attention se tourne vers l’intérieur, et l’état de conscience se modifie progressivement. La personne entend tout, se souvient de tout, et peut interrompre quand elle le souhaite. C’est une idée reçue tenace qu’il faut défaire dès le premier rendez-vous : on ne perd le contrôle de rien.

En EMDR, l’entretien initial est plus balisé. Le praticien cherche un souvenir précis, la façon dont il se manifeste aujourd’hui, et ce que la personne aimerait pouvoir en penser à la place. Puis vient la phase de stimulation : la personne suit des yeux la main du praticien, ou reçoit des tapotements alternés sur les genoux, pendant qu’elle laisse venir ce qui vient. Des séries courtes, entrecoupées de pauses où l’on dit en quelques mots ce qui s’est passé.

Ce qui surprend le plus les élèves en formation, c’est le silence. Dans les deux approches, le praticien parle peu et attend beaucoup. Apprendre à ne pas combler les blancs est l’un des exercices les plus difficiles du cursus — et l’un des plus décisifs.

Le nombre de séances varie : quatre à huit pour un accompagnement d’hypnose, souvent moins en EMDR, où l’on travaille sur une cible identifiée. Dans les deux cas, le praticien propose un point d’étape plutôt qu’un forfait fermé.

« J’ai fait l’hypnose d’abord, et j’ai ajouté l’EMDR deux ans plus tard parce que je butais sur certaines demandes. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est à quel point le second cursus irait vite : tout ce qui touche à l’accueil de la personne, je l’avais déjà. Les six jours ont servi au protocole, et c’était bien assez. »
Marc, 51 ans ancien cadre commercial, aujourd’hui hypnothérapeute, Lyon. Témoignage d’élève recueilli par le réseau.

Questions fréquentes

L’EMDR est-il réservé aux psychologues ?

Cela dépend du parcours. La certification EMDR Europe suppose un diplôme de psychologue, psychiatre, médecin ou psychothérapeute. D’autres formations s’adressent aux professionnels de santé, et d’autres encore forment des praticiens en accompagnement émotionnel dans un cadre défini par la formation.

Faut-il connaître l’hypnose avant de se former à l’EMDR ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est fréquent et cela fait gagner du temps : les deux approches partagent le travail sur l’état interne et la conduite de l’entretien.

Combien de journées en salle pour chaque cursus ?

11 journées pour l’hypnose, soit 172 heures de parcours sur 6 mois ; 6 journées en deux niveaux pour l’EMDR, complétées par 100 heures de pratique supervisée en binôme.

Quel est le prix total de chaque formation ?

3 500 € pour l’hypnose et 2 500 € pour l’EMDR, stage découverte compris, avec possibilité d’échelonner le règlement.

Ces formations se déroulent-elles en présentiel ?

Oui, en face à face pédagogique, dans 12 villes de France. La conduite d’une séance se corrige en salle, sous l’œil d’un formateur.

Peut-on se former en gardant son emploi ?

Oui. Les journées sont groupées et espacées dans le mois, ce qui permet de suivre le cursus en conservant une activité professionnelle.

Ces approches soignent-elles ?

Elles accompagnent, elles ne soignent pas. Aucune des deux ne pose de diagnostic ni ne remplace un suivi médical ou psychologique ; la formation enseigne dans quels cas orienter la personne.

Comment se décider entre les deux ?

En participant à une journée portes ouvertes, gratuite et en visio : un formateur en activité répond aux questions et décrit le déroulé réel d’une séance. Les dates figurent sur notre page d’inscription.

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